
Dyspraxie chez l’adulte au travail : comment bien accompagner un salarié dyspraxique
Qu’est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie (ou trouble développemental de la coordination) est un trouble du neurodéveloppement (TND) qui affecte la capacité à planifier, coordonner et automatiser des gestes volontaires. Elle n’est pas liée à un déficit intellectuel ou sensoriel, mais à un dysfonctionnement des zones cérébrales impliquées dans la motricité et la perception spatiale.
Ses manifestations varient selon les individus et se traduisent généralement par deux types de difficultés :
- Des troubles visuospatiaux : difficulté à organiser son regard, à s’orienter dans l’espace, à distinguer la droite de la gauche, à interpréter des plans ou à localiser des objets.
- Des troubles moteurs et de la coordination : maladresse, difficulté à écrire ou manipuler des objets, lenteur dans l’exécution de gestes complexes.
Quels impacts pour le salarié dyspraxique en milieu professionnel ?
Un salarié dyspraxique peut rencontrer des difficultés spécifiques dans l’exercice de ses fonctions, notamment :
- Motricité fine : gêne pour écrire à la main, manipuler des outils précis, utiliser la souris avec précision ou gérer des interfaces numériques complexes.
- Organisation spatiale : repérage dans les locaux, classement de documents, compréhension de plans ou schémas techniques.
- Organisation temporelle : difficulté à estimer les durées, prioriser les tâches ou suivre une procédure séquentielle.
- Surcharge cognitive : fatigue importante en fin de journée, nécessité de pauses régulières, stress lié à l’anticipation des erreurs.
- Communication écrite et visuelle : complexité dans la prise de notes rapide, interprétation difficile des tableaux denses ou des supports visuels.
Forces associées à la dyspraxie
Malgré les obstacles rencontrés, de nombreuses personnes dyspraxiques développent des compétences précieuses :
- Pensée latérale et créativité
- Mémoire verbale performante
- Sens de l’innovation et capacité à trouver des solutions alternatives
- Utilisation ingénieuse d’outils numériques
- Résilience et persévérance
Ces atouts peuvent enrichir les dynamiques collectives, à condition de leur permettre de s’exprimer pleinement dans un cadre de travail adapté.
Bonnes pratiques pour manager le collaborateur dyspraxique
1. Adapter l’environnement de travail
- Réduire les distracteurs visuels : privilégier un bureau épuré et structuré.
- Fournir du matériel ergonomique : souris verticale, clavier contrasté, support incliné pour lire ou écrire.
- Utiliser des repères visuels : couleurs, pictogrammes, balisages clairs dans les locaux.
2. Faciliter l’organisation
- Découper les projets en micro-tâches visuelles : listes à puces, checklists, cases à cocher.
- Utiliser des outils de planification visuelle : Trello, Notion, agendas partagés avec rappels.
- Mettre en place des routines : rituels de début et de fin de journée, point hebdomadaire fixe.
3. Adapter les outils et supports
- Favoriser la dictée vocale et les logiciels d’aide à l’écriture (Dragon, Antidote).
- Éviter la double tâche : ne pas demander de prendre des notes pendant une réunion.
- Fournir des supports structurés : étapes numérotées, pictogrammes, codes couleur, schémas visuels.
4. Clarifier la communication
- Privilégier le double format : consignes orales + écrit récapitulatif.
- Formuler des instructions précises : délais clairs, objectifs définis.
- Encourager la reformulation : “Peux-tu me redire ce que tu as compris ?”
- Laisser un temps de traitement avant d’attendre une réponse ou un résultat.
5. Instaurer un cadre bienveillant
- Sensibiliser l’équipe (avec l’accord du salarié) pour prévenir les incompréhensions.
- Valoriser les réussites avant de proposer des ajustements.
- Prendre le temps d’écouter les besoins du salarié, sans a priori.
- Aménager une période d’adaptation en cas de changement de mission, d’équipe ou d’outils.
Le rôle du manager : comprendre, ajuster, accompagner le salarié dyspraxique
- Entretien individuel d’exploration : observer les méthodes de travail du salarié pendant deux semaines, écouter ses besoins spécifiques.
- Aménagements personnalisés : proposer des outils ou simplifications dès les premiers signes de difficulté.
- Point hebdomadaire structuré : 30 minutes avec ordre du jour envoyé la veille, incluant une reconnaissance des réussites.
- Soutien externe : travailler en lien avec le référent handicap, le médecin du travail ou un job coach.
- Informer sur la RQTH : droits, aménagements financés, accompagnement possible (AGEFIPH, FIPHFP).
Ce qu’il faut retenir
👉 La dyspraxie n’empêche pas la performance. Elle implique une autre manière d’apprendre, d’organiser et d’agir.
👉 Ne confondez jamais lenteur d’exécution et manque d’implication. Le salarié dyspraxique peut fournir un travail de grande qualité, s’il bénéficie d’un environnement structuré, compréhensif et adapté.
La clé : un dialogue régulier et ouvert
Organisez des points mensuels pour évaluer ensemble les aménagements en place. Ajustez-les si nécessaire. En misant sur la coopération, vous valorisez les compétences du salarié tout en renforçant son engagement et sa confiance.
Ressources complémentaires

Conseil TND by Lali DUGELAY – L’expertise des troubles du neurodéveloppement (TDAH, DYS, autisme, Tourette) en entreprise
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